SoutienPsy : Le Blog.

13 octobre 2009

La Dépression Post Partum

Maman triste mais pas triste d’être maman!

La dépression du post partum a beau toucher au moins 10% des mères, peu nombreuses sont celles qui s’en aperçoivent, voire qui osent se l’avouer. Encore moins sont les mamans qui ont le courage d’exprimer leur mal-être à leur entourage… Parce qu’il en faut du courage dans cette société qui prône la mère « parfaite » et tolère difficilement qu’une mère puisse être déprimée alors qu’elle vient de donner naissance à cet adorable petit Boutchou.

La première faille dans ce préjugé, c’est qu’une mère parfaite, ça n’existe pas dans la réalité.
La seconde faille, c’est que la maman a beau trouver son Petit Boutchou adorable, ça ne l’empêchera pas forcément de déprimer !

On a tendance à penser qu’une maman qui vient d’accoucher doit forcément être heureuse, voire au meilleur de sa forme. « Une maman triste ? C’est une mauvaise mère ! » a-t-on trop souvent tendance à penser à tort. En effet, on confond souvent « être une maman triste » avec « être triste d’être maman ». Pourtant, la différence est de taille.

La réalité, c’est qu’on est bien loin d’imaginer tous les bouleversements qu’entraîne la naissance d’un Petit Boutchou dans la vie quotidienne.

La vérité, c’est qu’on a beau avoir désiré, tant attendu cet être si cher, on a beau aimer son enfant, on n’est pas pour autant à l’abri de sombrer dans une Dépression Post Partum.

LA DEPRESSION POST PARTUM, C’EST QUOI ?

  • Un Baby Blues qui n’en finit pas

On ne peut pas parler de la dépression post partum sans évoquer le baby blues, si populaire aujourd’hui, si communément entré dans les moeurs. Le Baby Blues concerne 50 à 80% des jeunes mamans et apparaît quelques jours après l’accouchement (durée une semaine environ).

Des modifications hormonales, un manque de sommeil inévitable, auquels se surajoutent les doutes et les craintes liés aux nouvelles responsabilités maternelles sont souvent à l’origine du Baby Blues.

Les symptomes sont généralement les suivants : troubles du sommeil, troubles de l’appétit, troubles de l’humeur (changements d’humeur soudains), irritabilité, hypersensibilité émotionnelle (crise de larmes), difficultés à se concentrer, sentiments d’incompétence et de culpabilité, fatigue intense.

Le Baby Blues reste un état transitoire dont la majorité des mères se sortent sans encombre, généralement grâce au soutien des proches (père, famille, amis).
Néanmoins, 10 à 20% des baby blues laissent place ensuite à une dépression du post partum.

  • Un vécu singulier mais des signes qui ne trompent pas

La dépression Post Partum est fréquente mais pourtant peu connue, plus taboue que le Baby Blues. Elle débute vers la troisième semaine suivant l’accouchement et peut durer quelques semaines, quelques mois, voire quelques années…
Il existe autant de formes et de degrés de dépressions qu’il n’existe de maman, même si certains signes se retrouvent. Chacune vit les choses de manière singulière, en fonction de sa personnalité propre, de sa relation particulière à son enfant, du soutien de ses proches, de son contexte socio-économique, de sa propre histoire, …etc.

Bon nombre de mamans ne se rendent pas comptent qu’elles sont en train de vivre une dépression. Ceci peut s’expliquer par la méconnaissance de ce trouble (moins bien décelé), par une difficulté à prendre du recul, ou encore par culpabilité (coupable d’être triste). C’est bien souvent seulement lorsqu’elles s’en sortent qu’elles réalisent la lourde épreuve qu’elles viennent de traverser.

Concrètement, cette dépression ressemble à une dépression normale, avec un ou plusieurs des  signes suivants :

- Un sentiment de tristesse
- Un sentiment d’impuissance ou de desespoir
- Un sentiment d’isolement
- Une perte d’intérêt et de plaisir pour les activités auparavant appréciées
- Une fatigue intense
- Une certaine lenteur, des difficultés de concentration
- Des troubles du sommeil et/ou de l’appétit
- Une certaine irritabilité, voire un sentiment de rejet du bébé
- Un sentiment d’incompétence, d’incapacité à s’occuper correctement de son bébé
- Un fort sentiment de culpabilité
- Une anxiété excessive par rapport à l’état de santé de son  bébé
- Des idées suicidaires

Attention, il n’est pas nécessaire de présenter tous ces symptomes pour être en dépression. Si vous vous reconnaissez dans un ou plusieurs de ces signes, n’hésitez pas à consulter l’avis d’un spécialiste.


06 octobre 2009

Procrastination, quand tu nous tiens...

Dans mon petit Larousse édité en 1995, il n’y a pas de définition pour la procrastination, pourtant ce mot existait déjà à l’époque. En seulement 14 ans, ce terme est passé dans le langage courant. La raison principale est assurément le grand nombre d’études (comportementales, cliniques) portant sur la procrastination, qui ont été menées ces dernières années et leur vulgarisation dans les médias.

Mais pourquoi un tel engouement pour un si vilain mot ? L’explication se trouve peut-être dans la définition de la procrastination, je cite, « Remise au lendemain, retard coupable ». Evidemment, avec une définition pareille, tout le monde se sent concerné. Et tout le monde a envie de comprendre pourquoi cette tendance naturelle pose un problème au point qu’une légion de chercheurs en dissèque les mécanismes, au point qu’une horde de psys planche sur les tenants et les aboutissants de cette vilaine habitude qui touche 100% de la population, à des degrés divers. Bien sûr, tout le monde n’est pas touché de la même manière.

LA PROCRASTINATION : UN CERCLE VICIEUX

  • Quand faut-il s’inquiéter de ses tendances procrastinatrices ?

La réponse est la même que pour tous les troubles psychologiques, comportementaux et/ou médicaux. En règle générale, on s’inquiète d’un problème de cet ordre lorsque celui ci crée une gêne, voire une souffrance dans notre vie ou dans celle de nos proches.

  • En quoi cela peut-il créer une gêne ou une souffrance ?

Tout simplement parce que, à force de remettre au lendemain, on finit par se retrouver dans des situations difficiles qui demanderont deux fois plus d’énergie et de temps pour en sortir que si nous avions fait ce qu’il y avait à faire en temps et en heure. On commence par mettre des petites choses de côté, de plus en plus souvent. On se sent de plus en plus paralysé par la montagne des petites choses accumulées, ce qui ne manque pas de nous faire douter sur nos capacités à agir. On peut alors ressentir un certain sentiment d’échec, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur l’estime de soi - ce qui ne fait qu’entretenir le cercle vicieux de la procrastination.

  • Pourquoi est-ce si difficile de se débarrasser de ce comportement ?

Généralement, lorsque les gens commencent à s’inquiéter de leur fâcheuse tendance à procrastiner, c’est que le comportement est bien ancré. Soit parce qu’il a touché, à divers degrés, toutes les sphères de l’existence (personnelle, professionnelle, décisionnelle, relationnelle), soit parce qu’il a atteint son paroxysme dans une ou plusieurs de ces sphères (par exemple, l’étudiant qui se laisse déborder par ses (non) révisions ).

Lorsque ce comportement s’est installé, il s’auto-entretient. En effet, après un certain temps de procrastination, les choses remises à plus tard se sont multipliées : il reste donc toujours des actions et/ou décisions en attente d’être enfin traitées.  Le procrastineur, sans s’en rendre compte, se sert alors des tâches en attente pour en reporter d’autres, et nourrir ainsi le cycle infernal de la procrastination.
C’est l’étudiant qui va faire un gros tri dans ses papiers administratifs alors qu’il a un examen dans deux jours et que certaines factures attendent déjà depuis 3 mois. Mais c’est impératif, il n’envisage pas de se mettre à ses révisions avec tout cet administratif en retard, cela l’empêcherait de travailler… Illogique ? Tout à fait, et c’est bien là le problème.

LA PROCRASTINATION : POURQUOI?

  • Une estime de soi fragile

Une des premières raisons invoquée dans la littérature traitant du sujet est que l’on procrastine pour préserver une estime de soi fragile. Au moindre échec badaboum, alors autant ne rien faire ou faire très en retard, comme ça, si j’échoue, ce n’est pas de ma faute.
Bien essayé, mais tout cela n’est qu’une illusion de plus. En réalité, quoiqu’il arrive (réussite ou échec) lorsqu’on procrastine l’estime de soi en prend un coup. Si j’échoue, c’est parce que je n’ai rien fait (donc je ne suis pas capable) et si je réussis c’est un coup de chance (donc je ne suis pas responsable de ma réussite).

  • Une intolérance à la frustration

La deuxième grande hypothèse avancée pour expliquer ce comportement est l’intolérance à la frustration. J’ai décidé de m’occuper de mes factures en retard mais un ami m’appelle pour me proposer d’aller au cinéma (ou j’ai soudain une brutale envie d’aller au cinéma/de faire du macramé etc…). Je remets le tas de factures au fond du tiroir et je vais au cinéma. Je ferai mes papiers demain, ça attend depuis 3 mois, ça peut attendre encore une journée. Sauf qu’à ce rythme, il y a de grandes chances que les factures attendent les lettres de relance, les mises en demeure assorties de majoration, voire l’interruption du service, avant que vous ne vous occupiez d’elles.

Remettre au lendemain une tâche non gratifiante parce que l’on a mieux à faire entretient de façon sournoise la procrastination. D’abord, parce que tous les prétextes sont bons pour éviter de faire ce quelque chose qui nous ennuie. Or, en remplaçant la tâche ingrate par une activité plaisante, on s’auto conditionne sous le schéma : je remplace l’activité ingrate par une activité gratifiante, donc procrastiner finit par donner l’illusion d’être une activité gratifiante (puisque l’on reporte pour faire des choses plaisantes). C’est le principe du conditionnement de Pavlov. Si vous receviez un coup de baton à chaque fois que vous laissez quelque chose en attente (pour faire autre chose bien plus intéressant), il est probable que vous arrêtiez assez rapidement de procrastiner. Mais là, vous vous récompensez à chaque fois que vous reportez, donc vous participez à l’auto-entretien du comportement.

  • La recherche de sensations fortes

La troisième piste à explorer lorsque l’on parle de procrastination est la recherche de sensations fortes. J’attends le dernier moment pour faire mon compte rendu et je le fais dans l’urgence. Le stress nourrit alors mon besoin de sensations fortes, sans compter la satisfaction d’avoir réussi à tenir les délais. C’est vrai. Jusqu’au jour où, pris à son propre jeu, on arrive hors délais, c’est l’histoire bien connue du Lièvre et de la Tortue de Lafontaine. Le lièvre est vraisemblablement un procrastinateur qui, comme tous les procrastinateurs, sous-estime le temps qu’il lui faudra pour gagner la course.
Faîtes le test. Estimez le temps nécessaire pour faire quelque chose que vous reportez depuis un moment. Puis, faites la chose en question en vous chronométrant. Comparez…

LA METHODE SIMPLE POUR ARRETER DE PROCRASTINER

Arrêter de procrastiner est un combat de tous les jours, contre des pensées extrêmement fugaces (je suis nul, je n’y arriverai pas, j’ai bien le temps …) et des comportements d’évitement qui n’en ont pas l’air (faire du macramé semble bien plus important que s’attaquer à 3 semaines de lessive en retard). Néanmoins, il existe quelques petits trucs pour éviter les affres d’une procrastination prolongée.

1) Automatisez au maximum toutes les petites tâches de la vie (quotidienne, professionnelle, relationnelle, décisionnelle).

Cela demande un peu de discipline au début, d’autant qu’il ne s’agit pas de s’accabler de choses à faire pendant une semaine et de ne plus rien faire après pendant 3 mois. Allez-y progressivement. Vous avez pris l’habitude de laisser traîner vos factures jusqu’aux lettres de mise en demeure alors que vous n’avez pas de soucis financiers ? Vous pouvez vous fixer comme objectif principal de régulariser votre situation actuelle (traiter toutes les factures en souffrance) et comme objectif secondaire d’automatiser le traitement de vos factures.

2) Testez la technique des 10 minutes

Vous l’aurez compris, automatiser une tâche demande, au préalable, une mise à jour de cette tâche (puisque l’on s’y attaque, c’est qu’il y a déjà une accumulation…). Et là, tout d’un coup, tout redevient compliqué car, justement, le problème c’est que ce n’est pas facile « de s’y mettre ». Qui a envie de reprendre 6 mois de factures même pas ouvertes ou de réviser 6 mois de cours d’une seule traite ? La réponse est : personne.

Essayez donc la technique des 10 minutes (certains auteurs parlent de 5 minutes, d’autres de 20 minutes, j’ai coupé la poire en 2 avec 10 minutes mais vous êtes libres de fixer votre temps). Décidez de vous atteler à la tâche en question pendant 10 minutes, pas plus. Au bout de 10 minutes, observez ce qui se passe en vous.

- Vous n’en pouvez plus ? Aucune importance, rangez tout et attendez le lendemain pour reprendre, toujours pour 10 minutes…

- Vous vous sentez « lancé » et vous n’avez plus envie d’arrêter ? Profitez en pour en faire un maximum. Si vous n’arrivez pas à finir en une seule fois (vous ne pensiez pas y consacrer plus de 10 minutes et vous avez d’autres engagements), mettez tout de côté, faites ce que vous avez à faire l’esprit tranquille, et reprenez le lendemain, toujours en vous fixant une limite de 10 minutes pour faire le point.

Cette méthode a trois avantages :

• vous faire prendre conscience que 10 minutes par jour, ça a l’air de rien, mais cela permet de faire beaucoup de choses sans se sentir écrasé par l’ampleur de la tâche ;
• vous permettre de réaliser que le plus dur est de commencer. Bien souvent, une fois lancé il est plus difficile de tout laisser en plan que de continuer. Cette prise de conscience n’est possible que si vous fixez cette limite de temps afin de vous sentir libre d’arrêter sans vous sentir en échec ;
• vous faire ressentir la satisfaction du travail (que l’on avait pas envie de faire) accompli.

Une fois l’objectif principal atteint, utilisez la technique des 10 minutes pour automatiser le traitement de vos factures, par exemple en consacrant 10 minutes hebdomadaires à cette tâche. Petit à petit, essayez de mettre à jour et d’automatiser le maximum de tâches que vous avez l’habitude de reporter. systématiquement. Si vous éprouvez des difficultés à vous organiser, imposez vous juste 10 minutes par jour pour faire les choses jugées « pénibles, ingrates ou sans intérêt» que vous mettez habituellement de côté.

3) Apprenez à repérer les moments où vous procrastinez

Méfiez vous des périodes d’inactivité (je pense aux chômeurs) et/ou des boulots où il n’y a pas grand chose à faire (trois lettres à taper dans la journée ou presque). Ce sont des situations à haut risque de procrastination. Prêtez une attention particulière à tout ce que vous faites et qui vous permet de procrastiner. Si vous faites du macramé 15 heures par jour pour éviter de penser à ce que vous avez à faire, imposez vous de ne commencer le macramé qu’après les fameuses 10 minutes. Il est fort probable que les 10 minutes deviennent progressivement 1 heure, 2 heures voire plus, ce qui amputera d’autant votre activité macramé tout en gonflant votre estime de soi (en dehors de la sphère macramé, bien sûr…).

4) Pensez à déléguer au maximum quand cela est possible.

Par exemple, si les taches ménagères vous accablent (et vous permettent donc de procrastiner des choses plus importantes), étudiez bien votre budget et voyez ce qu’il est possible de faire avec. C’est ainsi que certaines femmes de ménage peuvent être de véritables anti-dépresseurs ambulants. Je caricature mais c’est bien de cela qu’il s’agit.

Si vous êtes réellement handicapé par vos comportements procrastinateurs, pensez à demander de l’aide. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont particulièrement adaptées pour combattre ce type de comportement (entre autres).

Vous pouvez également consulter le dernier livre paru, à destination du grand public, sur la procrastination : « Comment ne pas tout remettre au lendemain » du Dr B. Koeltz aux éditions Odile Jacob. Cet ouvrage fournit une multitude de conseils simples pour combattre la procrastination et apprendre d’autres façon de faire … ce que l’on n’a pas envie de faire.

20 septembre 2009

Comment poser des limites à un enfant de 0 à 3 ans?


POSER DES LIMITES, C'EST QUOI?


  • Poser des limites à un enfant, c’est :

- Une autorité exercée dans l’intérêt de l’enfant
- Un acte éducatif, apprendre quelque chose à l’enfant
- Répondre aux besoins de l’enfant et lui permettre d’intégrer des limites pour lui-même
- Participer à son bon développement psychique, et au final à son autonomie

  • Poser des limites, ce n’est pas :

- Une autorité exercée au profit de l’adulte
- Une relation de pouvoir, une question de soumission

Il n’existe pas de recettes miracles, mais seulement des enfants qui réagissent différemment en fonction de leur personnalité propre et de leur niveau de développement.


LES LIMITES, POUR QUI?


Souvent, on pose des limites aux enfants en fonction de ses propres limites de tolérance (par rapport au bruit, au refus de finir son assiette, au refus de s’endormir, ...etc), et non en fonction de l'intérêt de leur développement. Quelques conseils :

  • Se poser les bonnes questions

Il n’existe pas de réponse toute faite : il s’agit de s’adapter à chaque situation, en fonction du niveau de développement et de la personnalité de l’enfant, en se posant les bonnes questions :
-    Pourquoi je pose des limites ?
Suis-je en mesure de l’expliquer à l’enfant afin de lui apprendre quelque chose ? Cela représente-il un intérêt pour le développement de l’enfant ?
-    Comment je pose des limites?

  • Réfléchir à son rapport personnel aux limites

Outre les différences culturelles, chacun a un rapport personnel aux limites, chacun a reçu une éducation particulière. Etre dans la position de mettre des limites à un enfant nous renvoie à celles que nous avons reçu nous-mêmes. Certains répètent le mode éducatif de leurs parents, d'autres peuvent adopter une attitude complètement opposée.

Il apparaît donc important de prendre conscience de la manière dont on a vécu l’autorité dans l'enfance. Il s'agirait de se demander ce qu'on reproduit, ce qu'on ne reproduit pas, et pourquoi.

Ai-je reçu une éducation stricte, laxiste ? Comment ai-je vécu les limites imposées par mes parents dans mon enfance ? Comment cela influe-t-il sur ma manière de poser des limites aux enfants ? Suis-je en train de reproduire certains comportements de mes parents? Ai-je véritablement envie de reproduire ces comportements ou ai-je l'impression que cela dépasse ma volonté?

Autant de questions à se poser pour se "libérer" de l'influence de votre propre enfance sur votre comportement actuel à l'égard de vos enfants.

 

POSER DES LIMITES, POURQUOI?


Poser des limites, pour…

  • Favoriser l'autonomie

En cherchant des limites à l’extérieur, l’enfant témoigne de sa volonté d’apprendre à se contrôler, d'intégrer des limites pour lui-même. Il sollicite ainsi l'intervention de l'adulte pour lui donner des limites extérieures, qu’il intériorisera peu à peu. En posant des limites à un enfant, l'adulte favorise son autonomie.
L'enfant répètera le comportement jusqu’à ce qu’il ait intégré les limites. Cela prend du temps, et demande de la patience à l’adulte, pour réitérer les explications.

  •  Contribuer à la sécurité psychique

Les jeunes enfants ont besoin de trouver des limites à l’extérieur, surtout lorsqu’ils se sentent en insécurité.
Ils ont besoin de s’assurer de la solidité des adultes, de tester leurs limites. En cherchant à dépasser les limites, l'enfant vous demande : "Es-tu assez fort, assez solide pour que je puisse compter sur toi?".
Si les adultes réagissent sereinement en posant des limites dans l’intérêt de l’enfant, en lui expliquant pourquoi, alors les enfants se sentiront rassurés, en confiance.

Certains enfants particulièrement anxieux (insécurité) peuvent répéter ces comportements longtemps, manifestant ainsi un besoin de réassurance constant.
Si l’adulte perd le contrôle de lui-même (cris, violence physique), alors il apparaît moins solide à l’enfant. Celui-ci risquera alors de renforcer son comportement, son sentiment d’insécurité persistera.

  • Instaurer des repères

L’enfant doit apprendre ce qui est permis et ce qui ne l’est pas, cela lui donne des repères pour se construire et apprendre à vivre avec les autres.

  •  Apprendre à tolérer la frustration

Il est primordial de mettre des limites aux désirs de toute-puissance des enfants. Il faut leur apprendre à tolérer la frustration.
Si on dit "oui" à tout, on risque d'en faire des « enfants-rois » qui ne connaissent alors aucune limite à leurs désirs et ne tolèrent aucune frustration. Cela peut entraîner de lourdes conséquences sur leur bien-être psychique ainsi que sur leur relations sociales futures.

  • Apprendre à vivre en société

L’enfant doit intégrer les limites pour intégrer les règles de vie sociale, et pouvoir vivre en société. Donner des limites à un enfant, c'est aussi lui apprendre à se socialiser et vivre avec les autres.

POSER DES LIMITES EN FONCTION DE L'AGE DE L'ENFANT


L’enfant doit franchir 3 étapes, avec l’aide de l’adulte, pour parvenir à intégrer les limites

  • Expérimentation des limites par l’exploration (première année)

L’enfant explore le monde qui l’entoure et se confronte aux limites de l’adulte. Il est très important de laisser les enfants explorer leur environnement pour qu’ils puissent se développer.

Au départ, l’enfant ne comprend pas les limites, n'en a aucune conscience. Il répètera le comportement "interdit" par l'adulte jusqu'à ce qu'il comprenne et intègre les limites à l'intérieur de lui-même. Il s'agira alors d'expliquer à chaque fois à l'enfant pourquoi on pose des limites.

De plus, l’enfant expérimente un certain pouvoir sur l’adulte : celui de le faire réagir. Il peut alors répéter son comportement pour attirer l'attention de l'adulte sur lui.

Souvent, on observe que l’enfant regarde l’adulte avant de franchir un interdit : il témoigne qu’il a conscience de l’interdit mais surtout qu’il a besoin de limites. Il faut bien prendre conscience que l’enfant ne sait pas se limiter lui-même, il ne contrôle pas ses pulsions : il a besoin de l’adulte qui lui pose des limites pour apprendre petit à petit à se limiter lui-même.

Quelques Conseils :
- Supprimer ce qui est dangereux de son environnement, ne pas donner l’occasion à l’enfant de se confronter à un interdit si on peut l’éviter. Il doit avant tout pouvoir explorer le monde et apprendre par son expérience. 
- Poser des limites pour les choses importantes, pour qu’elles aient du poids. Si on pose des limites à tout, les limites perdent leur sens pour l’enfant.
- Se mettre d’accord sur les « choses importantes » en équipe.

  • Recherche active de limites pour comprendre ce qui est permis et ce qui ne l’est pas (à partir 2ème année)

Poser des limites devient très important dans la 2ème année. L’enfant cherche à explorer ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Cela est une étape nécessaire, une phase d’apprentissage.
Le fait qu’un enfant devienne volontaire et opposant fait partie du développement normal. C’est une étape fondamentale pour son autonomie psychique, il apprend à s’opposer à l’adulte et aux autres, à dire « non » : il affirme son autonomie.
Cette phase est assez éprouvante pour les adultes qui s’occupent de l’enfant, mais tellement nécessaire pour son bon développement. Un enfant qui ne s’oppose jamais entre 2 et 3 ans doit, au contraire, poser question.

  • Intégration des limites : c’est l’objectif final !

COMMENT POSER DES LIMITES?


Comment poser des limites tout en laissant à l’enfant la possibilité à l’enfant de s’exprimer, d’explorer son environnement, de se développer ?

L’enfant a besoin d’explorer les limites et la tolérance avec les différents adultes qui l’entourent. Il se comporte différemment avec chaque adulte.

  • Principes

- S’adapter au niveau de développement de l’enfant (cf partie précédente)

- S’adapter aux personnalités et sensibilités individuelles de chaque enfant.
Les enfants se distinguent entre autres par leur "niveau d'agressivité". L’agressivité, à comprendre dans le sens « d’activité », est essentielle dans la vie. Elle permet à l’enfant de dire non, de s’affirmer, de se séparer, de devenir autonome…
Il peut être souhaitable de soutenir « l’agressivité » parfois (dans les jeux par exemples, mais pas envers les autres!), lorsque l'enfant en semblent dépourvu (trop passif, trop sage, triste…).
Tenir fermement l’autorité face à un enfant qui franchit sans cesse les interdits est important, à partir du moment où il en a conscience (à partir de la 2ème année)! L'enfant nous montre ainsi qu’il a besoin de limites, qu’il a besoin de tester la solidité des adultes pour savoir s’il peut avoir confiance en eux.

- Savoir pourquoi on dit "non" à un enfant, afin de poser des limites de manière cohérente et d'être en mesure de lui expliquer avec un langage adapté.

  • Conseils sur l'attitude à tenir

- Attitude calme mais ferme, être déterminé (donc convaincu de l’utilité de poser des limites).

- Intervenir immédiatement après le comportement, s’approcher de l’enfant, se mettre à sa hauteur et expliquer pourquoi on ne peut pas faire ça.

- Témoigner son affection quand tout est terminé, pour signifier à l'enfant que lui poser des limites n'est pas une preuve de désamour à son égard.

- Réserver l’autorité pour les choses importantes. Quand on dit trop souvent « non », et parfois sans réellement savoir pourquoi, les règles deviennent inefficaces.

- Adopter des règles communes et partagées par les parents ou adultes charge de l'enfant. L'enfant doit pouvoir recevoir un message clair et cohérent des différents adultes qui l'éduquent, afin de trouver des repères stables et intégrer des limites claires pour lui-même.


RISQUES ET ECUEILS

•    Perdre son sang froid (violences verbales, phsyiques)

Il est difficile de poser des limites, surtout lorsqu’il s’agit de répéter d’innombrables fois la même chose à un enfant pour qu’il puisse les intégrer pour lui-même.
Il peut arriver de perdre son sang froid parce qu’on est fatigué, parce qu'on se sent impuissant, parce qu’on est humain.

Lorsqu’on perd son sang froid, on dépasse ses propres limites : on n'est plus en mesure de poser des limites de manière constructive pour le bon développement de l’enfant.

- Le simple fait de crier fort (différent de hausser le ton avec fermeté) est signe que nos limites sont dépassées : l’enfant comprend alors que l’adulte a perdu son sang froid, il comprend que l’adulte croit en « l’agression » pour résoudre les conflits, il comprend qu’il a réussi à atteindre l’adulte qui n’est pas si solide que cela.
L’enfant ne comprendra pas les explications si elles sont criées ou accompagnées de gestes violents. Au « mieux », il arrêtera par peur. Et il ne recommencera pas par peur.

- Dire « tu es méchant ». Non, un enfant n’est pas méchant. Par contre, il a eu un « mauvais comportement ». C’est l’acte qui est répréhensible, pas l’individu qui le commet.
Un enfant qui s’entend dire qu’il est méchant risque bien de le devenir réellement et de rester fixer dans cette phase d’opposition. Un jeune enfant se construit, entre autres, à travers le regard que l’adulte lui porte.

- Tirer violemment un enfant par le bras…etc.
Le châtiment corporel signifie pour l’enfant qu’on perd notre sang-froid et qu’on croit au pouvoir de l’agression physique pour résoudre les conflits. S’ils ces gestes violents sont répétés, l’enfant risquera de répéter ces comportements lors de situations conflictuelles avec d’autres: il répétera l’agression sur d’autres pour avoir le pouvoir.

•    Ne pas oser, être hésitant

L’enfant répètera son comportement si l'adulte est hésitant, il aura même tendance à l'intensifier pour faire réagir l’adulte, lui témoignant ainsi son besoin de limites.
Il est important de se demander pourquoi on est hésitant dans la manière de poser des limites : peut-être n’y a-t-il pas de bonne raison à poser des limites, peut-être se sent-on « mauvais » ou « coupable ».
Dans ce dernier cas, il faut bien se rappeler que poser des limites est un acte de bienveillance, dans l'intérêt de l'enfant. A l’inverse, ne pas poser des limites à un enfant en plein développement qui en a besoin, pourrait être considéré comme un acte de négligence.

•    Baisser les bras devant un enfant opposant

Cette attitude survient souvent lorsqu’on se sent fatigué de répéter toujours la même chose, avec l’impression que l’enfant n’entend rien. Certains enfants ont tellement peu de sécurité interne qu’ils cherchent les limites sans cesse. Les limites rassurent l'enfant.

 

Si vous vous sentez trop fatigué et qu'un adulte vous accompagne dans l'éducation de vos enfants, parlez-en avec lui, et demandez-lui de prendre le relai un peu plus souvent et d'appuyer votre parole auprès de l'enfant. Si l'enfant reste très opposant, si vous vous sentez dépassé par la situation, alors n'hésitez pas à consulter un spécialiste (psychologue, pédopsychiatre) pour vous accompagner durant cette période difficile et tenter de comprendre ce qui se joue dans la relation avec votre enfant.

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