Maman triste mais pas triste d’être maman!

La dépression du post partum a beau toucher au moins 10% des mères, peu nombreuses sont celles qui s’en aperçoivent, voire qui osent se l’avouer. Encore moins sont les mamans qui ont le courage d’exprimer leur mal-être à leur entourage… Parce qu’il en faut du courage dans cette société qui prône la mère « parfaite » et tolère difficilement qu’une mère puisse être déprimée alors qu’elle vient de donner naissance à cet adorable petit Boutchou.

La première faille dans ce préjugé, c’est qu’une mère parfaite, ça n’existe pas dans la réalité.
La seconde faille, c’est que la maman a beau trouver son Petit Boutchou adorable, ça ne l’empêchera pas forcément de déprimer !

On a tendance à penser qu’une maman qui vient d’accoucher doit forcément être heureuse, voire au meilleur de sa forme. « Une maman triste ? C’est une mauvaise mère ! » a-t-on trop souvent tendance à penser à tort. En effet, on confond souvent « être une maman triste » avec « être triste d’être maman ». Pourtant, la différence est de taille.

La réalité, c’est qu’on est bien loin d’imaginer tous les bouleversements qu’entraîne la naissance d’un Petit Boutchou dans la vie quotidienne.

La vérité, c’est qu’on a beau avoir désiré, tant attendu cet être si cher, on a beau aimer son enfant, on n’est pas pour autant à l’abri de sombrer dans une Dépression Post Partum.

LA DEPRESSION POST PARTUM, C’EST QUOI ?

  • Un Baby Blues qui n’en finit pas

On ne peut pas parler de la dépression post partum sans évoquer le baby blues, si populaire aujourd’hui, si communément entré dans les moeurs. Le Baby Blues concerne 50 à 80% des jeunes mamans et apparaît quelques jours après l’accouchement (durée une semaine environ).

Des modifications hormonales, un manque de sommeil inévitable, auquels se surajoutent les doutes et les craintes liés aux nouvelles responsabilités maternelles sont souvent à l’origine du Baby Blues.

Les symptomes sont généralement les suivants : troubles du sommeil, troubles de l’appétit, troubles de l’humeur (changements d’humeur soudains), irritabilité, hypersensibilité émotionnelle (crise de larmes), difficultés à se concentrer, sentiments d’incompétence et de culpabilité, fatigue intense.

Le Baby Blues reste un état transitoire dont la majorité des mères se sortent sans encombre, généralement grâce au soutien des proches (père, famille, amis).
Néanmoins, 10 à 20% des baby blues laissent place ensuite à une dépression du post partum.

  • Un vécu singulier mais des signes qui ne trompent pas

La dépression Post Partum est fréquente mais pourtant peu connue, plus taboue que le Baby Blues. Elle débute vers la troisième semaine suivant l’accouchement et peut durer quelques semaines, quelques mois, voire quelques années…
Il existe autant de formes et de degrés de dépressions qu’il n’existe de maman, même si certains signes se retrouvent. Chacune vit les choses de manière singulière, en fonction de sa personnalité propre, de sa relation particulière à son enfant, du soutien de ses proches, de son contexte socio-économique, de sa propre histoire, …etc.

Bon nombre de mamans ne se rendent pas comptent qu’elles sont en train de vivre une dépression. Ceci peut s’expliquer par la méconnaissance de ce trouble (moins bien décelé), par une difficulté à prendre du recul, ou encore par culpabilité (coupable d’être triste). C’est bien souvent seulement lorsqu’elles s’en sortent qu’elles réalisent la lourde épreuve qu’elles viennent de traverser.

Concrètement, cette dépression ressemble à une dépression normale, avec un ou plusieurs des  signes suivants :

- Un sentiment de tristesse
- Un sentiment d’impuissance ou de desespoir
- Un sentiment d’isolement
- Une perte d’intérêt et de plaisir pour les activités auparavant appréciées
- Une fatigue intense
- Une certaine lenteur, des difficultés de concentration
- Des troubles du sommeil et/ou de l’appétit
- Une certaine irritabilité, voire un sentiment de rejet du bébé
- Un sentiment d’incompétence, d’incapacité à s’occuper correctement de son bébé
- Un fort sentiment de culpabilité
- Une anxiété excessive par rapport à l’état de santé de son  bébé
- Des idées suicidaires

Attention, il n’est pas nécessaire de présenter tous ces symptomes pour être en dépression. Si vous vous reconnaissez dans un ou plusieurs de ces signes, n’hésitez pas à consulter l’avis d’un spécialiste.